L’initiative pour des multinationales responsables vise à ce que les multinationales qui ont leur siège en Suisse respectent les droits humains et les normes environnementales internationales. Faire des affaires dans le monde entier implique des responsabilités. Les multinationales qui s’appuient sur le travail des enfants ou qui polluent des rivières doivent rendre des comptes.
Il est légitime de se demander pourquoi des entreprises concernées par cette modification de la Constitution, par exemple le groupe cimentier Lafargue-Holcim dont fait partie Vigier SA, arrivent respecter les normes en vigueur dans notre pays et agissent de manière arrogante et irrespectueuse envers la population des pays pauvres. La réponse est simple : beaucoup d’entre elles sont actives dans les matières premières, dans des pays fragiles, où l’Etat est incapable de protéger ses citoyens. Ces multinationales sont dominées par des actionnaires avides qui leur demandent des comptes chaque trimestre.
Alors, la vie d’un Africain a-t-elle moins de valeur que celle d’un Suisse ? Les adversaires de l’initiative pensent ne rien avoir à gagner sur le terrain des droits fondamentaux et environnementaux ; c’est la raison pour laquelle ils se concentrent sur les soi-disant effets négatifs
du texte sur l’économie helvétique. Ils prétendent que l’initiative « isolerait la Suisse, seul pays à adopter une telle législation », que « nous faisons cavalier seuls », que « nous faisons déjà tout juste », etc. Or les initiants n’inventent rien : ils se réfèrent aux Principes directeurs de l’ONU et de l’OCDE relatifs aux entreprises et aux droits humains ; le Conseil de l’Europe en fait de même. Sur ces bases, les Etats sont invités à élaborer un plan d’action national. Treize d’entre eux (par ex. l’Allemagne, les Pays-Bas, la France) l’ont publié et 22 autres sont en voie de le faire (l’Italie) ! Effectivement, prêter attention à ces principes ne peut pas être considéré comme une « dépense » superflue car ils sont fondamentaux et n’ont pas de « prix ».
Quelle est l’échelle de valeurs des adversaires de l’initiative ? Comment font-ils pour ne pas voir les agissements obscurs des dirigeants de certaines entreprises ? Se rendent-ils compte que ces derniers prônent la loi de la jungle, soutiennent la concurrence déloyale menée par certains établissements « voyous » et se rendent coupables de distorsion de concurrence envers d’autres entreprises davantage respectueuses des normes sociales et environnementales ?
Notons encore au passge que le contre-projet proposé par une majorité du Parlement est sans effet car il n’impose aucune obligation d’identifier les risques et de prendre les mesures adéquates. La Confédération le reconnaît puisqu’elle estime que seule une minorité de firmes le font. Miser sur l’autodiscipline des multinationales est illusoire !
Nous voterons et vous appelons à voter OUI.

Les Verts du Jura bernois

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